Ce qu'il faut exploiter
- communication médiatique : Une préparation rigoureuse est essentielle pour maîtriser son message et éviter la déconnexion avec le public.
- erreurs de communication : L’improvisation, le jargon technique et l’absence de chiffres vérifiés sapent la crédibilité d’un entrepreneur en interview.
- storytelling : Les médias cherchent des récits humains, pas des données froides : raconter ses défis renforce l’attachement.
- notoriété : Capitaliser sur une interview (réseaux sociaux, newsletter) transforme une apparition en levier de croissance.
- image de marque : L’authenticité et la cohérence dans l’expression publique renforcent la confiance, bien plus que le mimétisme.
Un expert-comptable peut sortir un business plan impeccable, un avocat rédiger des statuts sans faille, mais une seule minute face à un micro peut tout compromettre. Trop d’entrepreneurs oublient que leur légitimité, leur crédibilité et leur capacité à générer des opportunités dépendent aussi de leur capacité à raconter leur histoire. Et si parler, c’est bien, encore faut-il savoir quoi dire - et surtout, comment le dire.
L'absence de préparation : le piège du naturel
On croit souvent qu’un bon entrepreneur parle bien de son projet, de manière fluide et spontanée. En réalité, cette approche relève plus du pari que de la stratégie. Un passage médiatique réussi ne repose jamais sur le seul charisme du dirigeant. Il se construit bien en amont. Prendre le risque de s’exprimer sans préparation, c’est s’exposer à la déconnexion, à l’approximation, voire à des déclarations malheureuses impossibles à retirer.
- 🔍 Négliger l'audit de son e-réputation avant le direct
- 📊 Arriver sans chiffres clés vérifiés (CA, effectifs, satisfaction)
- 🎯 Ignorer l'angle éditorial du média cible
- 🎙️ Oublier de simuler l'interview avec un tiers neutre
- 🧭 Manquer de clarté sur l'objectif de l'intervention
Chaque mot prononcé est une empreinte durable, surtout dans un monde où tout est enregistré, relayé, décortiqué. Il ne s’agit pas de jouer un rôle, mais de structurer son message pour qu’il soit compris, retenu, et surtout, partagé. Le storytelling stratégique ne se improvise pas, et c’est précisément là que beaucoup échouent. Il suffit de regarder un passage médiatique réussi comme le replay BFM d'Emmanuel Namer pour comprendre l'importance d'une préparation millimétrée.
Le manque de structure dans le pitch
Face à une caméra, l’improvisation tue l’impact. Un entrepreneur doit maîtriser son One Sentence Pitch : une phrase claire, concise, qui résume sa mission en 10 secondes. Sans cela, les journalistes ne retiendront rien. Pire, ils reformuleront à votre place - souvent mal. Une interview mérite autant de préparation qu’un business plan, avec des objectifs précis et des indicateurs de succès clairement définis.
Confondre communication institutionnelle et storytelling média
Les journalistes ne veulent pas du bilan comptable d’une entreprise. Ils cherchent une histoire, un personnage, un conflit, une résolution. Or, nombreux sont les dirigeants à aborder l’exercice comme s’il s’agissait d’un rapport d’activité. L’erreur ? Croire que la performance financière parle d’elle-même.
L'abus de jargon technique
Parler de croissance exponentielle ou de levée de fonds en série A devant un public non initié, c’est parler dans le vide. Le risque ? Une déconnexion totale. Le grand public ne connaît pas les rouages du capital-investissement. L’enjeu, c’est de vulgariser sans se ridiculiser. Transformer le chiffre d’affaires en impact humain, le taux de croissance en récit de dépassement - voilà ce que les médias retiennent.
L'absence de dimension humaine
Un chiffre ne touche pas. Une anecdote, si. Raconter comment on a dormi trois nuits dans son bureau pour livrer un client, ou comment un employé a refusé de partir malgré un licenciement collectif, ça crée du lien. Les médias cherchent des visages, des émotions, pas des tableurs Excel. Incarner sa croissance, c’est aussi raconter ses doutes, ses sacrifices, ses victoires. C’est ce qui rend un entrepreneur crédible, et humainement attachant.
Indicateurs de performance et crédibilité médiatique
Une intervention médiatique n’est pas un vain exercice de notoriété. Elle doit produire des effets mesurables. Mais pour cela, il faut sortir de la logique de l’apparence pour entrer dans celle du résultat. Trop d’entrepreneurs ignorent de quoi ils parlent - ou pire, exagèrent. Attention : les journalistes vérifient. Et les réseaux sociaux, encore plus.
| 🔍 Critère | 🔄 Approche Improvisée (Risques) | ✅ Approche Stratégique (Bénéfices) |
|---|---|---|
| Maîtrise des chiffres | Chiffres approximatifs ou erronés → perte de crédibilité | Données vérifiées et contextualisées → renforcement de l’image |
| Clarté du message | Discours flou ou décousu → confusion | Message structuré autour d’un angle clair → mémorabilité |
| Impact sur la notoriété | Passage oublié en 48h → zéro retour | Contenu relayé sur les réseaux → viralité contrôlée |
| Gestion des imprévus | Réaction paniquée ou évasive → suspicion | Réponses préparées → confiance renforcée |
Annoncer des chiffres invérifiables
Prétendre à 10 millions de chiffre d’affaires sans justification, c’est jouer avec le feu. En un clic, un journaliste ou un concurrent peut démonter l’édifice. La transparence, même partielle, vaut mieux que l’excès de communication. Mieux vaut dire « nous avons doublé notre activité en deux ans » que de lancer un chiffre sans preuve. L’e-réputation se construit à l’air lent - et s’effondre en quelques secondes.
Ignorer l'impact du post-interview
Le travail ne s’arrête pas quand les lumières s’éteignent. Il faut capitaliser : publier le replay sur LinkedIn, le partager en newsletter, en extraire des extraits courts pour les réseaux. Sans cela, l’opportunité s’envole. Une bonne interview, c’est une opportunité de générer du lead - si l’on sait la transformer.
Négliger la gestion de crise
Et si une question dérangeante surgit ? Un ancien collaborateur dénonce un licenciement abusif ? Un produit est impliqué dans un incident ? Préparer un plan de réponse est essentiel. Un communiqué court, factuel, sans émotion, mais juridiquement solide, peut faire la différence entre une tempête médiatique et une simple alerte gérée. Sans cela, c’est l’image de marque tout entière qui vacille.
Le mimétisme : vouloir copier les leaders du secteur
Beaucoup d’entrepreneurs s’inspirent des grandes figures tech : ton assuré, sourire en coin, discours minimaliste. Problème ? Cela sonne souvent faux. Le public sent l’artifice. Et côté pratique, l’authenticité marque plus que l’imitation. Il ne s’agit pas de devenir Elon Musk, mais d’être soi - avec force.
Trouver sa propre voix entrepreneuriale
Il n’y a pas une seule manière de séduire les médias. On peut être intense, calme, passionné, réservé. L’essentiel, c’est la cohérence entre ce que l’on dit, ce que l’on fait, et ce que l’on incarne. Plutôt que de calquer son discours sur celui des CAC 40, mieux vaut cultiver son propre timbre. Sans chichi, sans posture. Parce que dans un monde saturé, l’originalité, c’est la seule vraie stratégie de différenciation.
Questions typiques
J'ai eu un retour de bâton après une interview locale, comment inverser la tendance ?
Il est essentiel de réagir rapidement avec un communiqué clair et factuel, sans émotion. Couplé à un travail actif d’e-réputation, cela permet de recentrer le débat sur des éléments objectifs et de regagner la confiance de votre écosystème.
Concrètement, quel outil utiliser pour valider mes chiffres avant de parler à BFM ?
Préparez une fiche synthétique avec vos données clés : chiffre d’affaires, nombre de collaborateurs, taux de satisfaction clients. Assurez-vous qu’elles soient auditables et cohérentes avec vos déclarations fiscales pour éviter tout démenti.
Vaut-il mieux viser un grand média national ou une revue spécialisée pour débuter ?
Commencer par un média spécialisé vous offre une audience plus réceptive et un risque moindre. Cela vous permet de peaufiner votre discours avant de viser une notoriété plus large, avec plus de pression et de visibilité.
Mon entreprise traverse un litige juridique, puis-je quand même communiquer sur ma croissance ?
Il est préférable d’adopter un discours encadré juridiquement. Mieux vaut mentionner l’existence du litige avec neutralité que de l’ignorer, au risque d’être perçu comme malhonnête si l’information éclate plus tard.
Pour ma toute première fois à la radio, comment gérer le stress du direct ?
La clé est la simulation : répétez avec un tiers neutre, anticipez les questions, et préparez un One Sentence Pitch clair. Savoir où l’on veut aller rend plus serein, même face à l’imprévu.